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4 Questions à Lionel REICHARDT, le Pharmageek

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Lionel-Reichardt-PharmageekDiplômé d’Ecole de commerce, fort de 15 ans d’expérience dans l’industrie pharmaceutique, expert en e-santé, passeur d’idées sur la toile et les réseaux sociaux avec ses revues du web, créateur d’entreprise, Lionel Reichardt, le Pharmageek, porte une parole libre et sans contraintes ni tabous sur l’e-santé. A écouter sans modération…

Son blog http://pharmageek.fr/

Ses revues : http://www.scoop.it/u/lionel-reichardt

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/lionelreichardt

 

L’industrie du médicament a-t-elle pris la mesure de la révolution digitale en matière de santé ?

« On perçoit un consensus dans l’industrie pharmaceutique autour de la nécessité de s’intéresser à l’e-santé. Mais quand on creuse un peu, cela devient plus compliqué. Historiquement la culture des labos ne prône pas un modèle promotionnel homogène, ni une vision marketing unifiée. Il est à l’évidence difficile pour des structures très verticales d’intégrer l’idée que le digital c’est la différence et que chaque labo en fonction de sa culture, de sa maturité, de son pipe, de son histoire doit bâtir une offre différenciée. Prendre la mesure de la révolution digitale ne consiste pas seulement à user d’outils digitaux dans ses pratiques mais à penser et à vivre digital, à réfléchir en fonction des besoins des utilisateurs leurs usages. Une culture client que les laboratoires commencent seulement à apprendre… »

Quel modèle de santé publique est induit par le développement de l’e-santé ? Avec quelles conséquences pour les acteurs du système ? 

« L’e-santé dessine un modèle de santé publique profondément différent de celui que nous connaissons. Il s’agit d’un modèle qui devra répondre aux enjeux présents (économiques, culturels, sociaux) et futur (démographiques) de nos sociétés. Ce nouveau modèle sera largement tourné vers la prévention notamment des maladies chroniques (diabète, hypertension…). Un modèle dans lequel c’est la santé qui est prise en charge et pas la maladie. Ce qui ne signifie pas abandonner le curatif, mais l’accompagner par des politiques centrées sur la réduction des maladies évitables. Nous vivons dans un contexte de raréfaction des financements de nos systèmes de santé et, dans cet environnement contraint, il devient indispensable d’anticiper la maladie et de prévenir son apparition. Notre bonne santé future, notre capacité à bien vieillir se construit très tôt. Et cela implique que les acteurs du système de santé se réinventent au quotidien pour prendre la bonne mesure des choses. Ils doivent impérativement se tourner vers des modèles de co-création d’une offre de santé conçue essentiellement dans l’intérêt du patient. »

Comment définir le « patient empowerment »? 

« Il s’agit tout simplement d’un rééquilibrage de la place du patient dans le système de santé. Celui-ci devient un acteur à part entière dans les choix qui concernent fondamentalement son bien le plus précieux : sa santé et sa vie. Cette autonomie des choix est favorisée par un nouveau rapport à l’information médicale. D’une relation qu’on pourrait qualifier de « paternaliste », la relation professionnel de santé / patient devient une relation de « partenariat ». Le « E-patient » n’est pas simplement celui qui se renseigne sur des sujets santé sur le web car toutes les études montrent que cela concerne désormais une immense majorité des patients, mais ce terme définit un patient qui, grâce à la fréquentation des groupes dédiés ou des réseaux sociaux, grâce au partage de connaissances avec ses pairs, acquiert une expertise sur sa maladie. A ne pas confondre avec le patient-expert qui décide de mettre à disposition son expertise pour d’autres patients atteints de la même pathologie, de le faire profiter de son expérience, de l’encourager et de lui apporter un soutien moral. De plus en plus d’équipes médicales intègrent en leur sein ce patient expert, à la fois relais et interface. » 

Dans ce contexte, comment l’industrie pharmaceutique peut-elle  initier des pratiques novatrices en matière d’e-santé ? Avec quelle vision et quelles perspectives ? 

«  C’est d’abord une question de vision globale et c’est loin d’être une démarche facile. Je pense que l’industrie pharmaceutique devra être ouverte d’esprit et curieuse des changements et des évolutions. En la matière, elle doit prendre conscience qu’un certain nombre d’acteurs font bouger le monde de la santé qu’il s’agisse de patients, de start-up  ou d’entreprises venant d’autres secteurs comme les big-tech. Ce qui est en jeu c’est un changement de paradigme à mettre en perspective avec les enjeux du secteur notamment en matière de market access. Les labos vont être conduits à fonder leur action non plus sur une culture produit mais bien sur une culture client. Cette révolution  fondamentale implique que l’industrie pharmaceutique s’engage sur des chemins novateurs et s’inscrive dans une démarche audacieuse : co-création de solutions conçues en liaison étroite avec les patients et les entreprises, élaboration d’un parcours de santé très individualisé, participation à l’émergence d’un modèle de soins qui réponde aux défis du futur. »

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